Anonimo writes "Comité de soutien aux Militants de l’UGET
Paris le 29/01/2010
Double peine
Dans le cadre de la vague de répression engagée contre les étudiants tunisiens syndiqués, un nouveau procès a eu lieu mercredi 27/01/2010 à Mahdiya. L’étudiante Jawaher Chana ainsi que Mohamed Soudani, Aymen Jaabiri, Hassen Samari et Ramzi Slimane ont été déférés devant le tribunal de première instance de la ville de Mahdiya pour entrave à la liberté du travail, menaces, agression et violences contre un fonctionnaire. Les faits remontent à octobre 2007 : l’administration de la faculté des Sciences économiques et de Gestion avait interdit une Assemblé Générale organisée en préparation au congrès de la Centrale syndicale estudiantines. Les autorités refusent toujours de permettre la tenue du congrès et le nombre de victimes ne cesse de s’accroître.
Les quatre étudiants mentionnés ont été,
pour les mêmes faits, présentés aux Conseils de disciplines et exclus
définitivement des universités tunisiennes. Aux mois de février et mars
2009, 6 étudiants dont Aymen Jaabiri et Mohamed Soudani ont observé
une grève de la faim de 58 jours pour revendiquer leur droit à
l’inscription. En vain. La répression contre les étudiants a, à
plusieurs reprise, réussi à faire des administrations un relais
policier chargé de l’interdiction et de la sanction de l’activité
syndicale.
Un nombre considérable de policier a assiégé
le Palais de Justice interdisant aux citoyens d’assister au procès.
Dans l’espoir de la tenir à huit clos, le juge chargé de l’affaire 7165
n’a cessé de retarder l’audience. Devant la persistance des citoyens
venus soutenir les étudiants, l’accès au tribunal a été « accordé » !
L’association tunisienne de Lutte contre la Torture a dénoncé dans
communiqué du 28/01/2009 l’atteinte à l’indépendance de la justice que
représente le siège du Palais de la Justice. Les avocats de la défense
ont insisté sur l’aspect pacifiste et légal du mouvement d’octobre
2007 et le caractère fomenté des accusations. Le jugement sera rendu le
10 février 2010.
Le comité de Soutien aux militants de
l’UGET dénonce cette nouvelle mascarade. Exclure des étudiants et les
faire condamnés par la justice est une double peine injustifiée. La
violence policière, l’exclusion disciplinaire et les poursuites
judiciaires ne régleront pas les problèmes auxquels sont confrontés les
370 milles étudiants tunisiens.
Le comité de Soutien aux Militants de l’UGET appelle à de nouvelles actions de solidarité et renforce sa campagne pour :
- La libération de tous les militants emprisonnés.
- L’arrêt de toutes les poursuites judiciaires engagées contre les militants de l’UGET.
- La réintégration dans leurs universités de tous les étudiants exclus.
- La satisfaction des revendications syndicales et pédagogiques des étudiants.
-
L’arrêt de toute forme de répression contre l’UGET et lui permettre de
tenir son congrès en toute liberté et de fonctionner en toute
indépendance.
"