Cette
mission a permis de se rendre dans le Centre d’Identification et
Expulsion (CIE) ainsi que le centre d’Accueil des Demandeurs d’Asile
(CARA) de Bari.
La
délégation était composée de trois parlementaires européens : Isabelle
Durant (Europe Ecologie au Parlement Européen - Belgique), Hélène
Flautre (Europe Ecologie au Parlement Européen - France) et Rui Tavares
(Bloque Uni de Gauche au Parlement Européen - Portugal) ; d’un député
italien : Maurizio Turco (Radicali) et de trois associations
européennes membres de Migreurop : ARCI (Italie), Statewatch (Italie)
et le CIRÉ (Belgique).
Les
députés européens présents à la mission ont organisé une conférence de
presse au Parlement Européen de Strasbourg le mardi 19 janvier à 14h30
sur l’alarmante situation des migrants en Italie.
Les
témoignages recueillis lors de cette mission font état de graves
conditions d’exploitation dans les activités agricoles où les
travailleurs subsahariens étaient employés. Ils font également état de
violations des droits qu’ils ont subies concernent principalement,
outre les conditions de travail, les conditions inhumaines et
dégradantes dans lesquelles ils étaient logés et la situation de
ségrégation à laquelle ils étaient confrontés. Au regard de ces
constatations, ils ressort que loin d’être responsables, les migrants
de Rosarno sont des victimes qui nécessitent d’être protégées.
La
mission a relevé qu’aux violences subies se sont ajoutés les mensonges
du gouvernement italien : alors que le ministre de l’Intérieur a
prétendu que les migrants blessés avaient obtenu le statut de
protection humanitaire, la délégation a recueilli plusieurs témoignages
selon lesquels un blessé serait actuellement enfermé dans le CIE en vue
d’une procédure d’expulsion. De même, l’évacuation par les forces de
l’ordre des migrants de Rosarno, qui leur a été présentée comme une
mesure de protection contre la vindicte de la population autochtone,
s’est révélée être une rafle pour ceux qui ne possédaient pas de titre
de séjour. Ceux-ci ont été conduits en camp de détention en attendant
leur expulsion.
Ce
qui c’est passé n’est pas un hasard, la responsabilité est du
gouvernement qui incite au racisme et à la violence avec la législation
et les déclarations de certains représentants, mais fini par être
complètement absent là ou les conflits se produisent. Ce qui s’est
passé est le produit de deux facteurs : la criminalisation des migrants
et l’absence de l’État là où gouverne la loi de la mafia.
Migreurop
recommande que les travailleurs migrants de Rosarno détenus à l’heure
actuelle bénéficient d’une protection spécifique en tant que victimes
d’exploitation humaine et économique. Nous demandons également que des
investigations complémentaires soient menées sur les événements de
Rosarno. Il faut analyser les processus politiques et économiques qui
conduisent à placer en situation de quasi-esclavage et de soumettre à
des conditions infra-humaines les ressortissants originaires d’Afrique
qui sont employés dans les exploitations agricoles du Sud de l’Italie
et d’ailleurs en Europe.
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